Ce Blog rend compte des voyages effectués par Mary-Françoise et Jean depuis début 2007.
Ce matin nous avons quitté Thakhek pour Savannakhet.
Nous souhaitions voyager en bus VIP, ce qui en laotien signifie « pas trop pourri ». Personne n’avait été capable de nous renseigner. Il fallait aller à la gare routière d’où il en part un toutes les heures. A la question, VIP ou pas, la réponse était « may be », ce qui signifie en normand « p’tet ben qu’oui, p’tet ben qu’non ».
Arrivés sur place, à 8h30, nous avons eu le plaisir de voir que le bus était joliment peint à l’extérieur et sans trop de rouille à l’intérieur. C’était un VIP. Chouette !
Départ à l’heure exacte. La classe, quoi !
Comme vous pouvez le voir ci-dessus, il y avait même des petits rideaux à franges du plus bel effet et un poste de TV.
Là, j’ai craint le pire. En fait pendant la première heure, nous avons eu droit à un DVD de clips d’une chanteuse laotienne. C’était le genre Mireille Mathieu (en bien plus mince) et elle était entourée de jolies filles, genre « claudettes, en moins souples », qui se contentaient de dandiner leur derrière en cadence, sur une musique certes sirupeuse, mais pas désagréable du tout. On voit bien pire sous nos latitudes.
La chanteuse préférée du chauffeur nous ayant abandonnés, nous nous arrêtions de temps à autre pour prendre ou relâcher quelques voyageurs ici et là.
C’est alors que 2 jeunes hommes, l’un tenant une moto, ont fait signe de s’arrêter. L’un d’eux est monté à bord et ils ont entrepris de faire monter la moto. La preuve par l’image.
Avec l’aide du chauffeur, ils ont réussi à la pousser dans le couloir juste entre Francine et Mary-Françoise ravies de l’honneur qui leur était fait.
Bien entendu, la moto bouchait l’entrée et les nouveaux venus devaient l’enjamber, ce qui ne posait pas de problème à ceux qui portaient des pantalons. Pour les femmes en sarong, c’était un peu plus « sportif », mais avec l’aide de Francine, placée à un endroit stratégique, tout se passait pour le mieux au milieu des quolibets et des rires.
Sur les 2 sièges qui étaient de l’autre côté du couloir à ma hauteur était assis un « blanc », bob vissé sur la tête et barbe blanche, qui m’a fait immédiatement fait penser à un de ces colons revenant sur les lieux de ses forfaits. Était-ce parce qu’il posait sur tout un chacun (touriste ou laotien) le regard méprisant et dégouté du jardinier débile qui vient de couper en deux un lombric ? Peut-être !
Sur le siège, à côté de lui, il avait posé un paquet de bananes et les peaux de celles qu’il venait de consommer.
Un pauvre diable qui monte en dernier fait mine de s’assoir sur le siège. Même un orang-outang, un tant soit peu apprivoisé, aurait ôté son paquet de bananes en s’excusant. Lui fait semblant de ne rien voir. Le monsieur est donc obligé de s’assoir sur le côté du siège, les jambes sous l’accoudoir , les pieds dans le couloir. Pas de réaction !
La colère commençait à m’envahir, mais, timidité peut-être, je ne bougeais pas.
Au bout d’une demi-heure, le pauvre monsieur essaie de s’appuyer au dossier. Pas de réaction ! C’était trop ! J’ai fait signe au laotien de se tourner (seat, seat !) et d’un index accusateur j’ai intimé à l’homme-singe l’ordre de dégager ses bananes. Il s’est penché, m’a expédié un regard qui aurait dû, normalement, m’expédier aux quatre coins de la galaxie, mais s’est exécuté. J’étais presque déçu ! J’aurais aimé qu'il rétorque. J’avais préparé 2 ou 3 phrases adaptées. Généralement, je m’exprime plutôt mal dans la langue de Shakespeare, mais quand je suis en colère on me comprend très bien ! Ce doit être l’adrénaline !
Le voyage était terminé pour nous, mais la moto continuant sa route, il a encore fallu que les voyageurs s’extirpent du véhicule.
Nous avons posé nos valises dans une Guest House, d’où je vous écris en regardant les bananiers qui ondulent devant ma fenêtre.