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Ce Blog rend compte des voyages effectués par Mary-Françoise et Jean depuis début 2007.

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Iruya

De Humahuaca nous avons pris le bus pour Iruya.

Ce village est décrit par « Le Routard » de façon dithyrambique : « on vous parle souvent de village du bout du monde ... mais là, vous y êtes. Pas d'erreur. L'église restaurée et les minuscules venelles pavées et pentues, les ânes qui broutent des embryons d’herbes en pleine rue, donnent à ce lieu un charme fou ».

Nous nous sommes donc dit que c'était là que nous allions poser nos sacs pour deux ou trois jours de repos bien mérité.

Après renseignements 2 bus assurent la liaison quotidienne : le bus local et celui d'une société privée que nous connaissons déjà et qui nous semble une garantie de confort. Nous optons pour le second.

À la gare routière, première surprise, le bus en question ne ressemble en rien à ce que nous connaissons. Il parait plutôt rescapé de la guerre des Malouines.

La piste est bonne, le chauffeur crache méthodiquement par la fenêtre le jus de sa chique de coca, avec la régularité d'un coucou suisse.

Une petite halte au village de Champi Rodeo. Dès sa sortie nous sommes arrêtée par le rio qui coule vigoureusement sur les cailloux en travers de la piste. Notre chauffeur, descend du véhicule et lance quelques cailloux dans les flots d'un air inspiré.

 

argent iruya 01

 

Les augures lui semblant favorable il reprend le volant et tente la traversée. Par trois fois il sera obligé de reculer, tirant de justesse le bus de sa position critique.

Puisque cela ne passe pas dans le sens de la piste, il décide de passer en oblique. Le bus prend son élan et traverse effectivement pour aboutir, hors piste, dans un espace garni de cailloux gros comme des moellons. Nous sommes obligés de nous accrocher aux accoudoirs pour ne pas être projeté au plafond. La piste rejointe, sous les applaudissements des passagers qui croient naïvement avoir vécu l'aventure du jour, nous poursuivons notre route.

La piste grimpe, grimpe, jusqu'à un col à 4000 mètres.

 

largent iruya 02

 

 Une petite pause pour la photo et nous voilà dans la descente en lacets.

 

argent iruya 06

 

Parfois la roue arrière passe à 10 cm du bord alors que le rétroviseur opposé caresse la paroi. Nous nous rassurons en  pensant que s'il fait la route chaque jour, la probabilité pour que ce soit justement aujourd'hui qu'il ait un accident est extrêmement faible.

Effectivement, nous voilà arrivés en bas sans encombre pour retrouver … le rio. Nous pensons alors assister à un second exploit de notre chauffeur dopé à la coca, mais il coupe le contact, s’adresse aux passagers en leur faisant signe de descendre et commence à sortir les baguages. N'ayant rien compris à son discours, je l'interroge : « Iruya ? » Il me montre le chemin qui longe le ruisseau et répond « caminando, un kilometro ».

Qu'à cela ne tienne. Le chemin n’étant pas carrossable même pour un sac à roulettes, nous déplions les bretelles « sac à dos », nous harnachons et nous élançons joyeusement.

 

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Rapidement le chemin se rétrécit, puis il faut le quitter et passer contre la paroi de terre mouillée qui s'écroule sous les pas et s'accrocher à un tuyau dont on préfère ne pas connaître l'usage. L'enfer ! Le problème est que nous sommes que quelques-uns à être venu avec armes et bagages. Les autres, plus pressés ou mieux informés, repartent le soir même et n’ont donc qu’un petit sac de randonnée. Au bout de quelques centaines de mètres nous ne pensons plus ni aux vêtements, ni aux sacs. Nous progressons sur le dos, sur le côté, en rampant ou à quatre pattes en essayant de ne pas être entraîné par le sac qui ne nous a jamais paru si lourd. Le bouquet final, c'est lorsqu’il faut rejoindre la terre ferme en grimpant un dénivellement de presque un mètre sans poser le sac à dos (pas la place). Il faut bien l'avouer, sans l'aide d'un couple de jeunes Allemands francophiles (la jeune femme parlait parfaitement français) nous y serions peut-être encore.

 

Que retiendrons-nous de ce séjour « au bout du monde » ?

Un site exceptionnel:

 

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…un village charmant mais qui manque un peu d’unité…

 

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… une population andine « moyennement » accueillante (il faut comprendre que nous sommes de le race des conquistadors)…

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…mais surtout le personnage de Rosa et sa divine cuisine.

 

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 Je ne vous raconte pas les palabres qu’il nous a fallu faire 2 jours plus tard pour obtenir qu'un 4X4 nous ramène jusqu'au bus. Ce qui fut fait pour la somme de 2 pesos (40 centimes d'euros) par touriste et gratuitement pour les villageois qui s'étaient joints à nous. Comme quoi on peut être très mal organisé et néanmoins assez honnête pour ne pas profiter de la situation.

 

Nous apprendrons par la suite, non seulement que la route était coupée depuis une semaine, mais que cette situation se reproduisait périodiquement depuis plus de 5ans.

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