Ce Blog rend compte des voyages effectués par Mary-Françoise et Jean depuis début 2007.
Nous avons beaucoup hésité avant de décider si nous allions à Phonsavan. La perspective de voir quelques jarres , dont l’usage est controversé , ne nous attirait guère.
Finalement, nous nous sommes décidés et nous ne le regrettons pas !
Cette région a été marquée par l’histoire et les villages alentour valent vraiment le déplacement.
Certains d’entre vous se souviennent certainement que lorsque Mendès France a (enfin) réussi à faire cesser la guerre d’Indochine, le Laos retrouva son indépendance et le Viêt Nam fut séparé en deux, la partie nord étant communiste (Pathet Lao). Sitôt les Français partis, le Viêt Nam du Nord n’eut rien de plus pressé que d’attaquer le Laos afin (soi-disant) d’assurer la sécurité d’Hanoi. Ce qui déclencha au Laos une nouvelle guerre entre Vietnamiens du nord et Laotiens (en fait une armée Hmong, plus ou moins poussée par les américains). C’était le début de la guerre du Vietnam.
À cette occasion, la plaine des jarres fut écrasée de bombes (méthode américaine). Quasi quotidiennement, cette zone était bombardée. Les 1500 bâtiments de la ville ainsi que plus de 2000 habitations des villages environnants furent rayés de la carte. On peut encore « admirer » des champs entiers de cratères laissés par les explosions. La recherche des sous-munitions encore réparties dans la campagne continue.
À la fin de la guerre, une route fut reconstruite, sur le bord de laquelle les maisons réapparurent avec plus ou moins de bonheur. Inutile donc de préciser que cette ville du Far West construite n’importe comment au milieu de n’importe où, ne présente aucun intérêt.
Une fois sur place, nous avons sacrifié à la visite des champs de jarres restantes, vielles, semble-t-il, de 2000 ans et dont on ignore encore l’usage avec certitude (probablement funéraire)
Les milliers de bombes non éclatées et neutralisées sont stockées ici et là…
…ou servent à tous les usages : jardinières, pilotis, barbecue, ect…
Une autre attraction de cette ville est son marché où les gens des minorités viennent faire leurs courses ou vendre divers produits.
En effet, outre les habituels poulets et cochons de lait prêts-à-porter dans leur sac en vannerie, on peut y trouver des porcs-épics, des sortes de petits renards et divers oiseaux de race indéfinissable.
Pour finir, nous avons loué un minibus pour aller voir les villages proches de la frontière vietnamienne.
Au passage nous nous sommes arrêtés à une source chaude (idéale pour les bains de pieds) …
…où une beauté locale jouait les lavandières du Portugal.
Ce lieu servait de gué aux gens du village et des pêcheurs traquaient les poissons cachés sous les pierres avec de drôles de petits filets triangulaires.
Nous avons aussi pu visiter un atelier de tissage.
Le plus intéressant a été la balade dans plusieurs villages locaux…
…où nous avons pu nous mêler aux villageois, très contents de nous montrer leur travail (le forgeron, la meule à grain, les bêtes).
Nous avons même pu assister à l’extraction du jus de canne à sucre par un dispositif simple, mais efficace. C’est la grand-mère qui sautait sur la branche en riant aux éclats (en voyant notre stupéfaction), sous le regard émerveillé de son petit fils.
En sortant d’un des villages, nous avons même eu la chance de tomber sur des jeunes filles en habits traditionnels (il semble qu’elles revenaient d’une fête) qui jouaient à se lancer une balle en compagnie de garçons de leur âge (était-ce une manière de faire la cour ??).