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Ce Blog rend compte des voyages effectués par Mary-Françoise et Jean depuis début 2007.

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Safi

Après une nuit passée sur la plage de Lalla Fatma en compagnie de deux italiens surfeurs et d’un couple d’allemands, en camping car 4X4, visiblement en route pour le désert, nous arrivons à Safi.

Safi est une ville aux multiples facettes. Il y a d’abord la ville industrielle avec ses usines de phosphates et ses alignées interminables d’usines à sardines. Il y a ensuite la médina abritée derrière ses remparts mais qui recèle encore – d’après une marocaine rencontrée là – de merveilleux riads qui ne demandent qu’à être restaurés. Plus bas on trouve le centre ville, peu engageant, où l’on croise de nombreuses femmes voilées jusqu’aux yeux et quantité de « handicapés de la vie ».

 Il y a le quartier touristique avec sa « colline aux potiers » où quelques fours et ateliers surplombent une enfilade de boutiques pour touristes présentant des poteries sans grande imagination. Il y a enfin la Safi moderne avec, à la périphérie, d’immenses quartiers en voie d’achèvement et, surplombant la ville, un campus universitaire flambant neuf.

Ne souhaitant pas passer la nuit à Safi, nous reprenons la route en direction de Souira Kédima, à une vingtaine de kilomètres de là où se trouve – d’après notre guide – la première aire de camping-car du Maroc.

A peine arrivés sur ce qu’il conviendrait plutôt d’appeler une surface plane située non loin de la plage, une voiture stoppe à nos côtés et un français vient vers nous pour lier conversation et nous offrir ses services. Nous coupons généralement court à ce genre de sollicitation, mais l’homme est particulièrement sympathique et en plus il est originaire d’Alès !

En quelques minutes nous apprendrons : qu’il est au Maroc depuis 5 ans, qu’il est remarié à une marocaine - beaucoup plus jeune que lui nous dit-il en un sourire (car elles aiment bien les gens comme nous) et qu’il s’occupe un peu d’immobilier (vente, location etc…). Il nous décrit les centaines de villas qui – nous l’avons vu sur toute la côte – poussent comme des champignons. Il nous parle de la hausse des prix, nous indique « cette villa rose que vous voyez là-bas » et qui, achetée par un français, s’est revendue un an plus tard trois fois plus cher. Il nous avoue – sincèrement peiné semble-t-il – que cela pose problème aux marocains qui ont du mal à suivre cette hausse vertigineuse des prix. Enfin, il est heureux ici « si ce n’était la santé » (triple pontage, cholestérol, diabète etc…). Et il repart, souriant, démarcher les occupants du second camping-car présent sur le site.

Le lendemain matin nous allons encore faire une rencontre originale. Nous roulons en direction d’Essaouïra sur une route en pleine réfection, slalomant entre les bulldozers, en évitant les nids de poules, lorsque nous doublons un cycliste tirant une petite remorque qui tente de nous arrêter par de grands signes. Nous stoppons donc pour voir si nous pouvons lui être d’une quelconque utilité.

C’est un français qui fait l’Afrique à vélo. Jeune, sportif et « bien propre sur lui », il a rendez-vous avec des amis le 1er novembre à Taroudant afin de poursuivre la route jusqu’au Burkina-faso. Nous sommes impressionnés ! Alors il en vient au motif pour lequel il nous a hélé : il s’est fait – dit-il – voler sa banane et n’a plus d’argent. Si nous pouvions lui donner 10 Dirhams nous lui serions d’un grand secours. Il voudrait pouvoir manger et téléphoner pour se faire envoyer de l’argent. Nous essayons bien d’en savoir un peu plus, mais il est si sympathique et nous sommes tellement admiratifs d’un  pareil courage à pédaler ainsi en plein soleil que nous ne le quittons pas sans avoir doublé la mise. Nous sommes-nous fait  « pigeonner » ? Qu’importe ! Nous étant arrêtés plusieurs fois pour admirer un petit souk local, photographier un attelage d’ânes en plein travail, explorer un village de pêcheurs, nous le doublerons à nouveau, pédalant avec ardeur, près de 40 Km plus loin. Chapeau !

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