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Ce Blog rend compte des voyages effectués par Mary-Françoise et Jean depuis début 2007.

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Une rencontre

 

Nous avons continué à longer la côte méditerranéenne jusqu’à Adana qui sera notre point le plus oriental. Cette ville comporte une magnifique mosquée, la seule – avec la mosquée bleue - à posséder 6 minarets, et un pont romain parfaitement restauré.


mosquee




Nous y avons aussi apprécié le quartier ancien où l’on retrouve les traditionnels métiers : menuisiers, tapissiers, chaudronniers, etc…


chaudron

Pour autant nous n’avons pas souhaité y stationner. La ville est bruyante et parcourue par une circulation démentielle qui donne à chaque instant l’impression de risquer sa vie.

L’après-midi même nous avons donc mis le cap au nord en direction de Nigde.
Des l’arrivée nous avons trouvé un bivouac idéal derrière la mosquée principale dans une sorte de jardin public surplombant la ville. Calme et sérénité assurés. Seuls les étudiants de l’université voisine s’y donnent rendez-vous.
Un bon tour de ville, visite du château et du marché couvert et nous comptions repartir dés ce matin, lorsque notre attention a été attirée par de nombreux camions et tracteurs qui semblaient nous barrer le passage et par les cris inhabituels de nombreux vendeurs.
Un vaste marché se déroulait sur la place et dans les rues voisines.

vuemarche


Faux départ. Pas question de manquer cette occasion de faire quelques emplettes et quelques photos.

Sillonner un marché dans ce pays est un vrai plaisir. Les turcs sont d’une gentillesse extraordinaire et nous accueillent de façon très amicale, sans aucune arrière pensée mercantile.
Malgré la barrière de la langue, on s’informe sur notre nationalité ou notre itinéraire. Il faut dire qu’il n’y a ici, à part nous, aucun touriste et que le fait de venir de si loin en camping car est fort peu répandu (depuis un mois que nous sommes en Turquie nous n’avons croisé que 5 camping car étrangers et 2 turcs).
Cerise sur le gâteau le photographe est accueilli avec plaisir.

plaisir


On lui sourit…

sourire

…on pose…

poulets


…on demande à être photographié, on est ravi de voir le cliché au dos de l’appareil, ce qui nous donne l’occasion de quelques portraits sympathiques.

portrait1

portrait2
portrait3
Deux heures de route en fin d’après-midi nous ont amenés à Soganli, notre première étape en Cappadoce.

Le 24 octobre 2009
La vallée de Soganli est présentée comme « un microcosme de la vallée de Gorème » (que nous visiterons dans quelques jours) mais elle s’en distingue par sa tranquillité et une position un peu à l’écart des sites les plus visités. Sur la douzaine de visiteurs que nous avons aperçu dans la journée, six marchaient en file indienne sur une crête, du pas assuré et lent du marcheur au long cours. Nous avons eu une pensée émue pour nos amis, Michelle, Micheline et Pierre qui reviennent justement d’un séjour de marche dans la région.

Dans cette vallée superbe…


soganli

… on trouve encore, taillées dans le tuf, une dizaine d’églises…


eglises
…sans compter les habitations et d’innombrables pigeonniers entourés de blanc pour attirer les oiseaux.

pigenniers


De Soganli nous avons décidé, avant de poursuivre notre circuit en Cappadoce de faire un crochet par Kayseri.
Cette ville restera dans notre mémoire moins pour son bazar très animé, son caravansérail ou ses pastirna (pièces de bœuf séchés et épicées) que pour la rencontre avec Mustapha.

pastirna
En camping car, l’arrivée dans une ville, qui s’effectue souvent à la tombée de la nuit, commence toujours par la recherche d’un bivouac sûr et agréable. Il faut « marauder » un peu pour dégotter la perle rare.
A Soganli le choix ne semblait pas évident tant la ville est grande et moderne (zones piétonnes, tramway flambant neuf…). Nous sommes alors tombés sur une zone en plein centre qui semblait totalement à l’abandon. Certes on pouvait s’y garer au calme, mais notre sixième sens de vieux randonneurs nous déconseillait d’y rester. Nous nous préparions à faire demi-tour lorsqu’un mini van Toyota s’est arrêté à notre hauteur. En est sorti un homme qui dans un anglais parfait nous a demandé ce que nous cherchions. Une fois informé, il nous déconseilla de rester là pour la nuit, cette zone rasée de ses taudis pour y construire de nouveaux immeubles étant la nuit envahie par les « gypsis ». Bon, alors que nous conseillait-il ? Sans l’ombre d’une hésitation il nous a invité à venir sur le parking de son immeuble à 2 Km de là. Nous l’avons suivi. Une fois arrivé sur place il nous proposa de venir prendre un thé chez lui, ce que nous n’aurions su refuser.
Il nous a présenté sa femme et ses enfants et nous a fait entrer dans un salon de bonne taille. Nous y avons discuté un long moment pendant, pensions-nous, que sa femme préparait le thé.

Cet homme est marchant de tapis (ça ne s’invente pas), comme l’est son frère - qui était le second passager du véhicule - comme l’était son père et comme il souhaite que ses enfants le soient, s’ils le désirent. Il a arrêté l’école à 11 ans pour travailler avec son père, parle couramment anglais et allemand. Son négoce consiste à revendre des tapis et kilims anciens ou modernes aux marchants d’Istanbul. Son frère et lui font chaque semaine le tour des marchants de la ville et des alentours chez qui les habitants désirant se moderniser ou ayant besoin d’argent viennent vendre les tapis et kilims anciens. Environ 150 ouvrières travaillent pour eux pour fabriquer du neuf. Comme il est connu comme spécialiste, on lui téléphone souvent lorsqu’une belle pièce est arrivée sur le marché. Il dit bien gagner sa vie et n’en demande pas plus. Comme le veut l’islam, il donne chaque année un dixième de son revenu aux pauvres : d’abord ceux de sa famille, puis ceux qu’il connaît et s’il en reste, à la moquée qui se charge de le répartir.

Au bout d’un moment, on nous a fait signe de nous lever et nous avons compris qu’en fait de thé nous allions partager le repas du soir. Riz, boulettes de viande, salade, et petits gâteaux au dessert, sans oublier le thé final, le tout partagé afin de nous offrir la plus grosse part.

Le repas terminé nous avons été conduits dans une autre pièce, beaucoup plus grande, meublée de canapés et fauteuils divers. Mustapha nous a expliqué que c’était la salle où on reçoit les invités. Récemment à l’occasion d’une réunion de famille ils étaient plus de vingt. Les réunions de ce genre, les fêtes et les événements familiaux jouent un grand rôle dans leur vie. A titre d’exemple il nous a indiqué que lors de la circoncision du fils et de son cousin, ils avaient fait une fête avec plus de 700 personnes. Lors de ces évènements, le raki coule à flot comme nous avons pu le constater en passant il y a peu de temps près d’une salle de mariage. Nous sommes ici face à un islamisme modéré. Pour sa part Mustapha fume mais ne boit plus d’alcool depuis trois ans. Nous n’avons pas demandé la raison de cette récente conversion au dogme.
La conversation étant revenue sur son métier il nous a dit qu’à cette occasion il était allé en Allemagne mais que les allemands « prennent les turcs pour des barbares », ce qui l’avait fortement affecté.
Puis il nous a montré sa collection personnelle de tapis et kilims. Une vingtaine de pièces d’exceptions empilées dans un coin de la salle. Il nous a détaillé les particularité de chacun (structures, fils d’argents, motifs etc…). Nous avons évidemment fait mine de comprendre, mais c’était comme si on avait expliqué au premier passant venu les bases de la mécanique quantique.
Nous nous sommes séparés, tard dans la soirée non sans s’être donnés rendez-vous le lendemain pour une visite guidée de la ville.
Celle-ci effectuée, nous nous sommes quittés sur un dernier thé dans son entrepôt…

entrepot

…après avoir échangé noms et adresses électroniques et avoir promis sur l’honneur que nous passerions le voir si nous revenions en Turquie.

Ce qui est remarquable, c’est que ce commerçant nous a reçu non comme des touristes mais comme des invités. Pas une seule tentative de nous vendre des kilims, pas une seule visite chez un « ami » spécialiste de bijoux en argent, dont il n’est pas difficile de savoir que Mary-Françoise peut constituer une cliente potentielle ! C’est nous qui avons dû lui demander de nous conduire chez un bon marchant de pastirna où nous avons pu faire nos achats, après dégustation.

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