Ce Blog rend compte des voyages effectués par Mary-Françoise et Jean depuis début 2007.
Après nous être couchés un peu tard, pour cause de soirée musicale (voir ici), nous avons vécu aujourd’hui notre journée « dans la boue et dans les rizières ».
Nous avions programmé de longer la côte sud-est jusqu'à la rivière Yumuri, très encaissée et départ d’une excursion bucolique très prisée. Cette rivière doit son nom à la légende qui prétend que pour échapper à l’esclavage, les indiens se jetaient du haut des falaises en criant « Yu muri » (je meurs).
C’est dans cette région qu’aurait débarqué Christophe Colomb. Une croix de cette époque, datée au carbone 14, est d’ailleurs exposée dans la cathédrale de Baracoa.
Donc nous avions demandé à notre logeuse, de nous trouver un moyen de transport à prix raisonnable. Il fut question de requérir les soins d’un médecin, qui rend ce genre de service en dehors de ses heures de consultation. Encore fallait-il qu’il ait fini de réparer sa voiture.
Ce matin le moteur était réparé, mais une forte présence policière était signalée, ce qui rendait l’opération hasardeuse. Finalement à 9h la voiture était devant la porte, avec au volant le père du toubib. Il nous sera d’ailleurs demandé de garder les vitres fermées, car elles sont revêtues d’un plastique obscurcissant, en principe destiné à se protéger du soleil, mais bien utile aussi pour éviter que la police puisse constater la présence de touristes, dans une voiture non habilitée à ce type de transport. C’était une Jeep Willis de 1957, pourvue de tout ce qui est indispensable au déplacement. Le superflu, jauge, thermomètre, etc… qui fait la fortune de nos garagistes, étant depuis longtemps hors d’usage.
Seul problème : il pleuvait !
Nous avons malgré tout décidé de tenter l’aventure. Une fois arrivés sur place, nous avons loué les services d’un batelier et d’un guide, pour visiter l’île qui se situe au milieu de la rivière et qui recèle de précieuses essences botaniques. On nous a en effet présenté quantité de plantes, supposées traiter à peu près toutes les maladies et tous les organes. Je ne retiendrai que la décoction d’écorce du fruit dont on fait les maracas, que l’on donne à boire à la femme dans un couple ne pouvant avoir d’enfant ; l’homme n’est évidemment pas concerné… Le guide nous a affirmé que cela réussissait « parfois ». Soucieux de ne pas porter atteinte aux fondements de la médecine traditionnelle, je me suis bien gardé d’évoquer l’hypothèse de l’intervention discrète d’un ami compatissant, et souhaitant peut-être joindre l’utile à l’agréable.
L’exploration s’est faite protégés par une feuille de plastique et les jambes dans l’eau jusqu’aux genoux.
Notre guide s’étant révélé fort sympathique, nous avons accepté d’aller prendre le repas dans sa maison en reconstruction ; encore le cyclone. Nous avons mangé de la raie manta, pas terrible, accompagnée de la trilogie habituelle : riz, haricots rouges, concombre. Mary-Françoise s’est délestée pour l’occasion des derniers vêtements qu’elle avait amenés à cet effet.
Nous nous sommes séparés sur un échange d’adresse email, car à Cuba on peut être pêcheur- guide et savoir utiliser un ordinateur lorsqu’on va en ville.
Une demi-heure après notre retour à Baracoa, il faisait beau !