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Ce Blog rend compte des voyages effectués par Mary-Françoise et Jean depuis début 2007.

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Trinidad

27/11

Voilà, nous quitterons Trinidad demain pour Camaguey.

Nous pensions nous arrêter ici deux jours et, en fait, nous y sommes restés quatre jours.

La ville est si belle:

 

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trinicentre3

 

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Il faut dire que le temps s'est remis au chaud et qu’il y a une jolie plage à environ 12 km. Nous avons donc alterné visites de la ville, des environs, et coups de soleil.

 

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Dans cette ville, chaque fenêtre est fermée par des grilles en fer forgé et - coutume ou climat - les volets sont le plus souvent ouvert, ce qui permet de voir l'intérieur des maisons. Même lorsque ces volets ne sont pas ouverts, une ouverture est pratiquée qui permet aux habitants de regarder dehors et réciproquement. 

 

ouverturporte

 

Ceci ne gêne personne car, parfois, sont mis en évidence divers objets à vendre, tels vêtements, chaussures ou tableaux. Ceux qui s'arrêtent voient immédiatement la porte s'ouvrir sur une invitation à entrer. La chose est peu différente, s'il n'y a rien à vendre, et les plus riches résidents, fiers de leur intérieur, invitent parfois le touriste intéressé à admirer les lieux. Il faut dire que même dans des maisons modestes subsiste souvent un mobilier colonial ancien et que les pièces les plus belles donnent l'impression de pénétrer dans une salle du musée d'Orsay.

Les quartiers de la périphérie sont évidemment plus modestes, la pauvreté y est présente, mais le soleil, les couleurs et la propreté, permettent d'en exclure une impression de misère.

 

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Nous nous sommes d'ailleurs étonnés de ces différences visibles de niveau de vie.

Pour nous, un régime communiste est synonyme d'égalitarisme, de disparition de la propriété individuelle, « la propriété c’est le vol ». Nous ne comprenons pas comment certains ne semblent subsister qu'avec les maigres rations que leur distribue chaque mois gratuitement l'administration cubaine, alors que d'autres ont résidence magnifique, voiture, réfrigérateur ou micro-ondes comme n'importe quel Français. Nous ne nous expliquons pas que les magasins, supposés être pour touristes, puisque les prix en CUC sont au moins aussi cher que les prix européens, vendent principalement aux Cubains. Comment un professeur qui gagne l'équivalent de 20 CUC par mois peut-il s'offrir un réfrigérateur congélateur à 580 CUC ? Honnêtement, nous ne l’avons toujours pas compris mais nous avons quelques pistes…

 

D’abord, il semble que Fidel Castro n'ait pas tout compris à la lutte des classes (ce qui n'est pas étonnant puisqu'il n'était pas initialement communiste).La propriété privée existe toujours. Il n'y a pas eu de « grand soir » ou les bourgeois auraient été pendus aux cocotiers (faute de lanterne). La plupart des Cubains restés au pays sont propriétaires de leur maison, qu'il s'agisse d'un palais ou d'une masure. L'héritage n'a pas été aboli et la maison peut être transmise aux héritiers. La terre elle-même est, par exemple, propriété des planteurs de tabac, même si seul l'État peut acheter le produit de la récolte à un prix fixé par lui.

Une autre raison de ces contradictions est l'existence d’une importante économie souterraine. Le salaire officiel semble, pour beaucoup de Cubains, loin d'être la principale source de revenus. Tout le monde « se débrouille », marché noir, artisanat, bricolage, tableaux…

De plus, le tourisme a actuellement dépassé le sucre en tant que source de revenu de l'île.

Ceux qui sont au contact des touristes en sont les premiers bénéficiaires. Lorsqu'on pense que le prix d'une seule nuit en chambre d’hôte (de 20 à 30 CUC) est supérieur au salaire mensuel moyen officiel des Cubains (15 CUC), on songe avec frayeur à ce qui risque bientôt d'arriver : la disparition du pesos cubain au profit du CUC comme monnaie nationale unique. Il est probable qu'une fois de plus les riches s'enrichiront et les plus pauvres verseront dans la misère.

Il faut ajouter à cela une autre contradiction apparente. Pour nous, communisme signifie isolement, rideau de fer. Nous restent toujours en mémoire les vagues d’exilés cubains qui dans les années 70/80  rejoignaient la Floride sur des embarcations de fortune au péril de leurs vies. Ces temps sont bien révolus. Nous avons trouvé un coiffeur artiste peintre dont la boutique se nomme « La Camargue » car il revient d’un séjour dans la région d’Arles. La fille de notre hôtesse se prépare à rejoindre pour 3 mois, son ami qui habite Londres et un jeune garçon nous a confié ses inquiétudes concernant son départ pour épouser une jeune fille de Bordeaux. Si les cubains ne voyagent pas plus, c’est faute d’argent et surtout parce que les pays développés ont élevé des barrières quasi infranchissables contre l’immigration. Ils peuvent même se rendre sans problème aux USA et les allers retours sont si fréquents que la Miami est parfois nommée, le supermarché de cuba. Les exilés cubains, en particulier ceux qui ont fuit lors de la révolution et qui étaient les plus riches, envoient beaucoup d’argent à leur famille et c’est peut-être cet argent aussi qui explique les différences apparentes entre moyens avoués et consommation constatée.

Nous sommes loin d'avoir tout compris, tant les choses sont complexes et tant les réponses sont souvent hésitantes et parfois contradictoires.

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